Chronicle 2 : Age of Splendor - Chapitre 7, Aria (2)

« Va et préviens que nous avons retrouvé la femme. »

Shadow Fang avait tué tous les mercenaires qui recherchaient la Sainte Arche. Six jour après que Aria FirstMatter eut disparu des rues de Giran, elle réapparut à nouveau à Innadril. Sir Gustaf Athebaldt, Chevalier du Royaume d'Aden et chef de la célèbre famille Athebaldt, avait engagé des troupes de mercenaires pour la retrouver. Il trouvèrent une Elfe Noire correspondant à sa description à Heine.

« Vous êtes sûr ? »

« Oui. Lorsque je l'ai vue la dernière fois, elle avait les cheveux attachés à l'arrière,l’air absente.»

La brise maritime et le soleil du sud devaient avoir relâché la vigilance de l'Abyss Walker, qui était supposé être la plus puissante des alentours. Elle se promenait dans les rues au milieu des objets exotiques et de jouets innovants fabriqués par les nains de leurs mains expertes. Lorsqu'elle pénétra une zone plus extravagante, elle se salua respectueusement les vitrines. Pendant ce temps, plusieurs avaient rejoint la troupe des poursuivants.

« Nous avons assez de renfort non ? Pourquoi l'attraper maintenant ? Si nous attendons plus longtemps, d'autres pourraient s'en approcher. »

Trouva-t-elle quelque chose qui lui plaisait dans la vitrine ? Tandis que ses poursuivants hésitaient, Aria s'arrêta un instant devant un magasin de tissus au bord du canal, puis disparut dans le magasin. Trois ou quatre mercenaires entrèrent à sa suite, prétendant être des clients.

Le magasin offrait des armures et divers types d'équipement pour les aventuriers, en plus de magnifiques vêtements chic pour hommes et femmes. Les deux types de clients n'étaient pas toujours clairement reconnaissables. Par exemple, on pouvait souvent observer les fils et filles de riches familles marchandes admirant des armures brillantes, ou bien des femmes guerrières séduites par des robes en satin. L'intérieur du magasin était plus bruyant que ce qu'avaient imaginé les mercenaires. Ils furent pris au dépourvu par le nombre surprenant des clients se trouvait dans le magasin.

« Où est l'Elfe Noire qui vient juste d'entrer ? »

L'un des mercenaires empoigna le propriétaire du magasin à la gorge. L'Elfe, pas du tout effrayé, fit calmement un geste vers trois Elfes Noires, qui renvoyèrent un regard furieux. Aria FirstMatter n'était pas parmi elles.

Un des mercenaires envoya un signal, et plusieurs d'entre eux pénétrèrent le magasin en même temps. Quelques clients crièrent, tandis que d'autres se exprimèrent leur mécontentement. Les mercenaires furent quelque peu dissuadés en réalisant que certains des clients portaient des objets solides qui auraient pu être utilisé comme armes contre ceux qui venaient de troubler leur shopping. Cependant, les clients ne les attaquèrent pas. Sachant leur journée d’achat gâchée par ces évènements, ils n’en réprimèrent que plus le mécontentement.

« Y'a-t-il une porte à l'arrière ? »

Poussant de côté quelques boites empilées à l'intérieur du magasin, quelques mercenaires trouvèrent une porte à l'arrière et sortirent. Des mouettes s’égaillèrent dans le ciel bleu tandis que les gondoles glissaient tranquillement sur le flot calme du canal. De nobles dames, vêtues de blanc, protégeaient leur tête avec des parasols, profitant de promenades gracieuses, et ignorant ou se désintéressant des activités des mercenaires.

Un mercenaire traversa le magasin, s'approcha des cabines d'essayage, et tira violemment l'un des rideaux. Debout à l'intérieur, se tenait une jeune femme terrifiée, sur le point d'éclater en sanglots. Les autres mercenaires tirèrent le second et le troisième rideau des cabines d'essayage.

Au moment où ils tirèrent le second rideau, un cri strident déchira les tympans de toutes les personnes dans le magasin. Une minuscule Naine tremblante se débattait pour couvrir son corps presque nu avec une tunique.

Lorsqu'ils regardèrent dans la troisième cabine, ils se figèrent comme une grenouille devant un serpent. Un gigantesque Orc se tenait là, nu, les regardant d'un air furieux. Il devait être en train de se changer. Sur l'étagère se trouvait une pile de vêtements usés et une paire de gants de fer.

Le malheureux mercenaire qui avait tiré le rideau, fixa les impressionnants muscles abdominaux et l'énorme poitrine verte recouverte de cicatrices. Il aurait mieux fait de stopper son regard là, mais il continua de regarder vers le bas. Lorsqu'il réussit enfin à remonter les yeux, il croisa le regard de l'Orc. Il voulut s'excuser mais au lieu de ça, ses lèvres se tordirent dans rictus ridicule. Il essaya de refermer le rideau qu'il tenait toujours, mais celui-ci tomba d'un coup au sol...

« Hum !, Sir. Je crois qu'il y a eu un terrible malentendu. »

La langue du mercenaire le trahissait. Le tatouage dessiné sur le crâne de l'Orc se froissa en un étrange motif. Les poings verts, plus gros que la tête d'un enfant, se serrèrent devant les yeux du mercenaire, tandis que l'Orc émettait un son inquiétant.

« Ce magasin semble vraiment agité aujourd'hui. Peut-être que de nouveaux tissus sont arrivés d'Avella. Voudriez-vous y jeter un coup d'œil Madame ? »

Le gondolier regardait la "Boutique d'Espen et Verona" les yeux plissés. Il semblait plus motivé à satisfaire sa propre curiosité que celle de sa cliente.

« Non, je n'aime pas les endroits peuplés ! » répondit la femme.

Le gondolier parut quelque peu déçu, mais comme tout habitant d'Innadril, il se mit à fredonner un air. Le vent qui soufflait sur la rivière était inhabituellement léger et rafraîchissant, et la cliente qui était soudain montée sur son bateau lui avait donné un généreuse somme. Avoir une aristocrate Elfe Noire comme client était de plus une expérience rare dont il pourrait plus tard se vanter auprès des autres gondoliers.

« Où dois je vous conduire, Madame ?"

Aria FirstMatter lissa sa jupe, couvrit ses chevilles et leva la tête. Elle tenait un parasol qui la protégeait d'un soleil brûlant. Lorsque la gondole passa sous l'un des innombrables ponts de Heine, elle referma son parasol et se passa les doigts dans les cheveux pour les brosser vers l'arrière.

Bien que tentée de rester là où elle était, elle trouvait que ses poursuivants était encore trop proches pour être en sécurité. Elle regarda autour et pointa un autre pont à deux blocs de là.

Aussitôt la direction reçue, il poussa habilement sa perche, faisant ainsi avancer la gondole. Aria sentit la tension dans son corps disparaître au fur et à mesure. Elle imagina à quel point ce serait bon de pouvoir profiter de cette croisière sur le canal sans aucuns soucis.

Un peu plus tard, lorsque la gondole arriva à destination, le gondolier déposa silencieusement sa perche à sa place et attendit. Le sac d'or qu'elle lui avait lancé l'avait probablement aidé à devenir une personne plaisante et accommodante. Elle se sentait fatiguée d'être constamment pourchassée, aussi, cet égard lui était un luxe bienvenu. Aria ne se fâcha même pas lorsque Piriel Aurura se montra avec une demi-heure de retard à leur rendez-vous.

« Ah ! Enfin ! Comment vous les vous que je vous retrouve dans un endroit pareil ? »

« Tu es un Scavenger. » répondit Aria brièvement. Après un moment, elle ajouta, « A propos, ton hurlement était excellent, comme d'habitude. »

« Le truc, c'est de mettre tout son cœur dans le cri. Une fois que l’on comprend ça, même toi tu peux le faire. »

Piriel sauta du pont vers la gondole. Si le gondolier n'avait pas habilement manipulé sa perche pour équilibrer le bateau, ils se seraient pris une douche avec l'eau provenant de l'impact. Bien qu'Aria eût beaucoup de considération pour les compétences de la Naine, le caractère de cette dernière avait plutôt tendance à l'agacer.

Aria exprima son désir de faire le tour complet des canaux de la cité, et la gondole se remit en mouvement. Dès qu'ils sortirent de l'ombre des ponts, le soleil les salua d'un sourire de bienvenue. Aria déplia son parasol pour protéger sa peau de nouveau. Tandis que la gondole glissait à une allure paisible, le gondolier leur présentait plusieurs endroits tout au long du chemin.

« Tu déranges les autres en faisant ce que tu as fait. »

Tout en grognant, la Naine tira son sac à dos, qui était 2 fois plus grand qu'elle, et le posa sur le sol de la gondole. En raison du poids, le bateau se louvoya à nouveau.

« Je sais, tu as raison. »

La Naine commença à déballer ses provisions. Aria avait toujours été stupéfaite par la capacité des Nains à porter des poids très lourds sur leur épaules. Sur le champ de bataille, elle avait même vu un Nain utiliser les fournitures de son sac pour équiper les soldats d'une unité avec des armures et des épées, et ainsi que pour les nourrir. Elle supposait que c'était la raison pour laquelle les Nains ne grandissaient pas en vieillissant.

« A propos, Espen est en colère après moi. Si des pervers entendent la rumeur selon laquelle des Naines et des Orcs se retrouvent nus et en liberté dans son magasin, ils vont se précipiter en masse. Cela pourrait ruiner son commerce. »

Piriel trouva finalement l'objet qu'elle cherchait dans son sac à dos. Elle souffla dessus et le nettoya avec sa manche. C'était une fiole en verre contenant une substance rouge sombre. Aria pouvait voir qu'il s'agissait de sang, vieux et séché. Avant de donner le Sang des Saints, Piriel sembla soudain réaliser quelque chose et parla.

« Je sais que c'est une drôle de question à poser à une Elfe Noire, mais je vais quand même le faire. Tu as mauvaise mine aujourd'hui. Ton visage est d'une pâleur mortelle. J'ai raison ?»

«Oui !»

Aria acquiesça volontiers, bien que ce fût inattendu.

« J'ai été sérieusement attaquée par deux hommes du Nord. »

Piriel fit claquer sa langue et dit « À cause de ces maudites reliques, deux vies innocentes ont péri. ». Aria rangea le Sang des Saints, une expression singulière sur le visage. Piriel commença à s'alarmer et parla fort. « Ne me dis pas que tu les as laissés en vie ? Qu'est-ce qui t'as pris ? »

« Rien. Et ne me parle pas comme si j'étais je ne sais quel meurtrier, d'accord ? » Depuis peu, des émotions bouillonnaient à l'intérieur d'Aria et avant qu'elle ait de les retenir, les mots sortirent de sa bouche.

« Un excès de faiblesse sans doute » décida-t-elle. « Bien que je paraisse jeune, j'ai le même âge que la créature enfermée dans la tour. Je me sens comme une vieille sorcière dont l'intérieur aurait complètement pourri. »

« Une chose est sure.. » Piriel sortit sa pipe et la mit en bouche. « Toi, comme moi, nous ne pouvons plus prétendre être de jeunes gazelles. »

Piriel était sur le point de sortir son briquet, quand elle réalisa qu'elle l'avait mis tout au fond de son sac. Le gondolier, resté silencieux jusque là, saisit une petite brindille fumante de la boite à charbon et la lui tendit. Tout en tenant sa pipe en bouche, Piriel sourit au gondolier et inclina la tête.

« Si c'est vraiment ce que tu penses, tu devrais peut-être arrêter ce genre de boulot. » Après un instant de réflexion, Piriel ajouta, « Ce que tu veux vraiment, c'est rencontrer ce fou dans la tour et papoter de l'ancien temps. »

Aria pouffa de rire. »Je ne peux nier y avoir pensé. »

« C'est le privilège des anciens comme nous que de faire travailler les jeunes pendant que nous nous asseyons et regardons. »

Au moment où Piriel dit ceci, le gondolier ne put plus se retenir et éclata de rire. D'un point de vue des Humains, elle ressemblait à une jeune fille de 10 ans tout au plus, mais elle tenait des propos trop matures pour son âge.

« Quelle attitude lâche d'échapper à la réalité. !»

« Qu'y a-t-il de mal à ça ? » marmonna Piriel tout en regardant le bureau de la Guilde du Commerce de l'autre côté du canal. « Quelques Anciens Humains parlent souvent comme ça. Regarde Heine, Athebaldt, et oui, Rodemai aussi.»

Aria hocha la tête, le visage triste et fatigué.

« Ce travail doit être fait de nos mains. La jeunesse est l'espoir de notre futur. »

Piriel ricana.

« Ne te méprends pas. Que tu causes un problème ou que tu le règles, tu dois le faire toi-même. Je dirais que la moitié de ta motivation, c'est de sauver ton ancien petit ami. Je sais que tu es anxieuse à l'idée de te débarrasser du Tetrarch Thifiell. Honnêtement, je ne suis pas tout à fait contre sa façon d'agir. Après tout, qu'y a-t-il de mal à ce que les Elfes Noirs s'allient avec les Elfes ? Je dis, égalité pour tous. Bonheur pour tous ! C'est même écrit dans les Tablettes de Maphr. »

« Peut-être avons-nous trop parlé ! » pensa Aria.

Un gouffre séparait bel et bien les Elfes Noirs des Elfes. Piriel ne creusa pas ce point plus avant. Cependant, lorsque Aria lui tendit l'argent, la Naine eut une remarque inattendue.

« Fais attention à ton propre peuple maintenant qu'il ne te reste plus beaucoup d'alliés. »

Aria savait déjà cela. Ce qui la surprit, c'est que cette Naine d'apparence très calme fut inquiète pour sa sécurité.

« Hum. ! » Plutôt que d'exprimer de la gratitude, Aria répondit sarcastiquement. « Tu devrais t'inquiéter de ton propre bien-être. J'ai sais aussi qui la Guilde des Enclumes Noires pourchassait désespérément. »

« Je pense que le Maître Brikus et le Grand Mage Xenovia de la Guilde des Elfes Noires ont reçu l'ordre de t'éliminer à vue. Les deux qui t'ont attaqué tout à l’heure doivent déjà être en train de se diriger vers ici. Des membres plus jeunes de ta propre profession ont été vus il y a peu dans les ruelles mal famées de la ville. Des Abyss Walkers, je veux dire. Même si tu te lamentes sur ta propre faiblesse, je ne peux pas t'aider. Compris ? »

« Je sais. »

Le soleil se noya lentement sous la ligne d'horizon, puis disparut sous les ponts un peu plus loin. Le canal était une rivière de rubis, teintée de lumière rouge brillante. Aria se sentait heureuse que dans la citée lacustre des Humains et des Elfes, la beauté puisse être ressentie même par une Elfe Noire telle qu'elle. La Naine se tourna vers elle et sauta soudain au cou d'Aria. Leur différence de taille rendit le geste encore plus maladroit. Piriel blotti son visage dans le ventre d'Aria. Elle résista à son envie première de balancer la Naine par-dessus bord et arrêta son bras à mi-chemin dans les airs. Elle ne savait pas comment gérer pareil situation, ni quelles étaient les réelles intentions de la Naine.

« Ne… meurs pas…. c'est promis ? »

L'Elfe Noire mis sa main droite sur la tête de la Naine. Elle voulut la caresser mais ne savait pas vraiment comment faire. Après un moment, elle repoussa lentement la Naine.

« Je t'ai dit. Je me sens plus faible que ce que je ne le suis. » Aria essaya de se lever mais le gondolier lui fit rapidement signe de se rasseoir. Au lieu de lui obéir, elle commença tout doucement à se déshabiller. Le gondolier regarda ailleurs précipitamment, mais ce n'était pas nécessaire. Sous sa robe, elle portait une armure de cuir.

« C'est tout ce que je voulais dire. »

Elle remarqua un autre pont qui approchait et se retourna lentement, tournant le dos à la Naine et au gondolier.

« Peu importe le nombre de mes ennemis, qu’ils soient un ou plusieurs, Humain ou Elfe Noir, jeune ou vieux… »

Aria FirstMatter rassembla ses cheveux et les attacha en queue de cheval.

« Je reste, du moins jusqu'à présent, la plus puissante. »

Puis, telle l'ombre d'un oiseau volant au-dessus des têtes, elle disparut soudainement.

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