Chronicle 2 : Age of Splendor - Chapitre 6, Martien (2)

Un chat assaillit le loup. Comme un clown de cirque, le chat fit une cabriole dans les airs et atterrit sur le dos du loup. Le loup grogna bruyamment et se retourna sur le chat. Une guêpe, témoin de ce qui se passait, dansait librement, dessinant des huit sous le soleil. La créature des ténèbres courait vers la ligne d'arrivée, suivie de près par licorne. Un peu plus loin derrière, un petit lapin blanc et une étrange poupée mécanique avec une horloge enchâssée dans son ventre leur courait après.

« Il en manque un non ? »

Du côté des lignes de départ, une chenille poussiéreuse avançait en se tortillant. Dans l'après-midi, les cigales se mirent à gazouiller bruyamment, comme pour encourager la chenille.

« Arrêtez ! »

Cria quelqu'un tout en lançant une bouteille en verre atteignant Martien à la tête, elle rebondit sur la piste de course, atterrissant sur le dos de la chenille. Celle-ci se pelotonna sur elle-même et roula vers la ligne voisine, ce qui, tout bien considéré, était probablement une meilleure tactique.

« Ah, Tu vas bien Frère !? »

« Allez ! Allez ! En première ligne ! Tu peux le faire, Wind Rider ! Vas-y ! Vas-y ! »

En tête de course, la licorne et la créature des ténèbres se battaient ardemment pour la première place. Couverte de neige, la licorne courait comme une furieuse. Les deux bêtes coururent côte à côte pendant un moment. Lentement, la licorne gagna du terrain sur la créature des ténèbres.

La chenille continuait de rouler sur la piste sous sa forme circulaire, jusqu'à ce que l'unique roue de la poupée mécanique lui passe dessus. La poupée tomba en avant et la flamme de la torche qu'elle tenait enflamma la mèche attachée à sa tête.

Tic, tic, tic… BOUM !

La poupée explosa, projetant sa roue dans la foule de spectateurs. Des parties du corps de la poupée volèrent dans le panneau décoratif planté au-dessus du portail principal. La drôle de tête de la poupée fila franchit la ligne d'arrivée avec fracas, distrayant l'attention de la foule déjà bien perplexe.

Tous les yeux convergèrent sur un autre objet sphérique qui volait à travers les pistes de courses. La chenille fonçait devant la licorne telle une roue cauchemardesque en train d'accomplir une folle et infortunée mission.

Le soleil irradia la licorne blanche, qui fonçait à toute allure comme si elle pourchassait quelque chose longtemps oublié. La créature des ténèbres, qui était par le passé un prédateur vorace plus habitué à déchirer le voile qui sépare ce monde de celui des esprits, continuait de chasser pour le simple plaisir de capturer sa proie présumée : la licorne.

« Saute-lui dessus maintenant ? Non pas maintenant. Juste un peu plus près… »

« Premier arrivé : ligne 5 , Over-The-Top ! Second arrivé : ligne 4, Wind-Rider ! »

Un incroyable tumulte de cris de victoire, jurons et lamentations déchaîna un tumulte rauque qui sembla secouer tout Dion. Les tickets chiffonnés jetés par les spectateurs s’éparpillèrent çà et là au-dessus des pistes comme des confettis. Quelques loups rôdant effrayés par le bruit s'enfuirent plus vite qu’une bourrasque.

La foule, compacte, se bousculant violemment, faisant trembler la barrière de bois qui séparait la zone des spectateurs des pistes de courses. Celle-ci finit par céder. Quelques malchanceux furent ensevelis par les débris et piétinés, tandis que le reste de la foule se dispersait. Quelques spectateurs foncèrent sur les monstres et leurs propriétaires, mais furent vite maîtrisés par les mercenaires engagés par le Monstrodrome.

Embrassant, serrant dans ses bras, dansant avec le premier venu, Martien brûlait d'une ferveur religieuse telle qu'il aurait pu se convertir en un instant au clergé. Il était profondément reconnaissant envers celui qui avait porté à son attention cet Instant de Révélation.

Il décréta alors qu'à partir de ce jour, il réaliserait des actes de charité dans le but de devenir un membre honorable de la communauté. Il serait de même généreux avec ses subordonnés qui souffraient depuis longtemps de difficultés financières.

« J'obtiendrai un Clan Hall confortable et je leur achèterais des armes de bonne qualité ! » Se promit-il.

De l'autre côté des pistes, il vit une naine près des bureaux du Monstrodome qui tentait d’échapper aux gardes qui la poursuivaient. Elle pointa la ligne d'arrivée, se plaignant de quelque chose. Enfin, il était compréhensible que quelqu'un finisse fâché, étant donné que le résultat était totalement inattendu de tout le monde. Martien était désolé pour elle..

Un peu plus tard, les juges se rassemblèrent autour de la naine, et au bout du compte, même les officiels de Haut Rangs se joignirent à la discussion. Se rapprochant les uns des autres, ils hochèrent la tête et discutèrent pendant un moment. Finalement ils semblèrent être arrivés à un consensus.

« Attention ! Nous avons une déclaration à vous faire ! »

Un Commissaire de course se tint au centre des pistes et cria d'une voix tonitruante :

« Nous avons corrigé l'erreur commise lorsque nous avons annoncé le gagnant de la 12ème course. »

Le silence sembla régner sur le circuit.

« Le premier arrivé est la ligne numéro 1, Light-My-Fire ! Le second arrivé était la ligne numéro 5, Over-the-Top ! »

« Selon les règles de Courses de Monstres, lorsque n'importe quelle partie du corps du monstre traverse la ligne d'arrivée, ce monstre est considéré comme ayant passé la ligne d'arrivée. Dès lors, nous avons décidé que Light-My-Fire, dont la tête a atteint la ligne d'arrivée en premier, a gagné cette course. Nous voudrions aussi informer ceux qui ont parié sur Wind-Rider, le troisième arrivé, et donc raté leur chance d'un peu, que nous vous offrirons un ticket de loterie en compensation comme preuve de notre bonne volonté. Le gagnant de cette loterie sera tiré au sort demain. »

Les rayons du soleil illuminait le ciel bleu de ses rayons …

« Pourquoi voudriez-vous lire dans les yeux d'une larve de fourmi ? Vous êtes Humain non ? »

Triant ses tickets, l'administrateur de la course semblait s'adresser à personne.

« Laissez-moi vous donner un ticket de loterie comme lot de consolation. Vous l'avez raté de si peu ! » Dit la Naine en soulevant la tête détruite de la poupée.

« Venez par ici Monsieur. C'est très drôle. »

Dans la pièce VIP tapissée de rouge située d'un côté du Colisée, Sir Athebalt et ses gardes dansaient comme des orcs maladroits. Lorsque ses yeux rencontrèrent ceux de Martien, il voltigea en l'air et balança sa taille tout en dessinant la forme d'un huit.

« Eh, vous voulez rencontrer un ange ?" Demanda-t-il par dessus la tête de Martien.

« Tout ça c'est de votre faute » dit la licorne d'un air triste. « Pourquoi n'êtes-vous pas devenu un ange comme je vous l'avais dit ? Quand vous étiez jeune, vous étiez un enfant si angélique ! »

« Pour devenir un ange, vous devez vous entraîner trois ans chez Cedric, trois autres années à la Tour d'Ivoire et ensuite encore trois ans au village des Serviteurs. Après avoir réalisé tout ça, vous devez encore gagner aux échecs contre Hardin ! Et cela coûte aussi beaucoup d'argent ! »

Martien aurait s’enfuir. Mais tandis qu'il réfléchissait à un moyen de s’évader, il réalisa soudain qu'il était déjà en train de courir et de hurler comme un animal fou. La foule, surprise, se poussa précipitamment de son chemin, jurant et lui criant dessus. « Ouch ! » gémit une jeune Elfe Noire que Martien venait de bousculer. Une expression perplexe sur le visage, elle se tint là un instant et regarda autour d'elle.

« Miss Leirynn ! Miss Leirynn ! Où êtes-vous ? »

« El ! El ! Je t'avais pourtant dit de ne pas te promener toute seule, non ? C'est très peuplé ici. Tu peux facilement avoir des problèmes et que feras tu ensuite ? Un endroit comme celui-ci attire beaucoup de gens bizarres. »

Malgré une ressemblance avec la jeune compagne de l'Elfe Noire, la jeune femme n'ouvrit pas les yeux et continua de s'accrocher à sa cane imperturbablement.

« Oui, la personne devant moi agit bizarrement. Je pense qu'il est devenu fou après avoir perdu son argent. »

« Tu ne devrais pas parler comme ça d'une personne qui se trouve juste devant toi ! » La compagne de la jeune femme était une guerrière qui avait l'air ordinaire. Elle portait une armure légère, ainsi qu'une épée. Elle dévisagea Martien et ajouta, « Il a vraiment l'air d'avoir perdu la tête. »

« Ah ? Vraiment ? »

Quelque chose explosa dans la tête de Martien. C'était un terrible cauchemar. Tout en hurlant des choses horribles qui auraient bien été dans son cauchemar, il se tourna vers la fille, geignant bruyamment. Il ressentit un terrible douleur entre ses jambes, comme s'il avait été percé par une lance, et se recroquevilla en boule.

« Oh oula, ça doit faire mal. » La fille et sa compagne regardèrent Martien qui était en train de se tordre par terre. « Il a été touché par le Bâton de l'Esprit du Mal ! S'il ne peut plus être un homme, en prendras-tu la responsabilité ? Nous t'avions prévenue de ne pas faire d'ennuis ! »

« Quand quelqu'un vous attaque, il devrait s'attendre à une contre-attaque. Vous n'êtes pas d'accord ? »

«Quelle ignorance est ce là ? Tu es plus âgée que moi. N'éprouves-tu même pas une once de sympathie ? »

« Et vous ? Si vous éprouvez tant de sympathie, pourquoi ne faites-vous pas un geste pour m'aider à me relever ? Je suis là, au sol, et j'ai mal ! »

Les mots se bousculaient dans sa bouche, sortant dans un grognement étouffé. La compagne posa les mains sur les hanches, et regarda tour à tour la fille et Martien d'un air perplexe. Puis, soupirant, elle leur tourna le dos, à tous les deux.

« Retournons. Notre capitaine doit s'inquiéter. »

La fille sembla hésitante, regardant à droite et à gauche. Puis elle souleva son imposant bâton. Martien, qui était toujours assis au sol, tressaillit à son geste et rapprocha précipitamment ses jambes. La fille se mit sur un genou et tâtonna prudemment le sol autour d'elle. Sa main toucha le pied de Martien.

« Eh ! Que faites-vous ? »

« Je suis désolée pour tout. Je croyais que vous alliez m'attaquer. Avez-vous toujours mal ? » La fille pencha gravement la tête vers lui et ajouta après coup, « Qu'allez-vous faire si vus ne pouvez plus être un homme?»

Sans voix, Martien ouvrit puis ferma la bouche sans sortir un mot. Il lui apparu soudain que la fille était aveugle. Elle secouait le bout de son pied avec un air inquiet.

« Êtes-vous rudement touché ? Si vous n'avez pas perdu conscience, répondez-moi s'il vous plaît ! »

« Ah, je… ah, … mes attributs vont bien»

Elle eut un profond soupir de soulagement.

« Est elle vraiment un Elfe Noire ? Pour une Elfe Noire, elle est assez expressive ! »

A peine avait-il pensé ça, que Martien remarqua son air sombre.

« Quelque chose de terrible a dû vous arriver. Mais il est dangereux d'attaquer quelqu'un comme vous l'avez fait. »

Il pensa que la fille allait le réprimander d'avoir essayé de frapper une aveugle. Mais ce n'était pour ça.

« Pour ce que vous en savez, j'aurais pu être un meurtrier adorant tuer les humains juste pour le sport. Et si ça avait été le cas, vos membres serait éparpillés autour et votre cœur serait en train de valser par là-bas. »

Son imagination fertile lui rappela des illustrations sorties de contes de fées sanglants. Martien hocha la tête, regrettant son comportement irrationnel. Il essaya d'expliquer pourquoi il avait couru à travers le Monstrodome avec une telle frénésie. Martien était terriblement embarrassé. Si la fille n'avait pas été en train de le tenir fermement sur ses pieds, il savait qu'il se serait remis à courir en hurlant de nouveau.

Après avoir écouté son histoire, la fille tomba dans un état contemplatif. Fouillant dans sa chemise, elle sortir un bout de papier. Martien fut distrait par la poitrine opulente de l'Elfe Noire. Il regarda vivement son visage, puis regarda ailleurs, se rappelant qu'elle était aveugle. Il la regarda à nouveau, mais fut déçu qu'elle ait déjà réajusté ses habits.

La fille le tapota pour trouver sa main, et tout en glissant le papier dans sa main

« Tenez, prenez ceci. »

Une fois réveillé, Martien déplia prudemment le morceau de papier qu'il tenait. La route était toute cabossée, craignant de perdre le papier, il le tint des deux mains.

« Frère, serais-tu encore en train de le regarder ? »

« Oui. »

Son homme laissa échapper un soupir et tourna son regard vers la fenêtre. Son esprit était troublé par les soixante millions d'adenas qui s'étaient évaporés grâce à la sottise malveillante des dieux.

« Sir Gustaf Athebald a dit que si vous échouiez encore cette fois, il vous ferait rencontrer un ange. Vous devez vous sentir comme moi, n'est-ce pas frère ? »

« Oui. »

Ce que Martien avait reçu de la fille était un ticket nommant correctement le nom du vainqueur de la 12ème course cauchemardesque. Inscrit sur le papier, un montant qui devait être l'équivalent d'un mois de salaire pour la jeune aveugle. Elle lui avait donné ce papier pour se faire pardonner de lui avoir infligé une blessure dont elle croyait, à tort, qu'elle avait atteinte sa virilité, puis elle s’éclipsa précipitamment. Ayant raté l'occasion de s'expliquer, Martien se sentit un peu coupable en pensant qu'il avait vendu virilité pour de l'argent. Mais était-ce vraiment ce qui le tracassait ?

Le chariot filait à vive allure vers la capitale, Aden. Alors que les bribes de leur conversation avaient presque disparu de son esprit, Martien ouvrit soudainement la bouche.

« Si une déesse apparaissait soudain devant nous, elle devrait prendre la forme d'une telle chose. »

« Quoi ? » La voix de son homme exprimait clairement son irritation à propos de cette discussion ridicule.

« C'est aveugle, insensible et sévère, mais aussi rempli de bonnes intentions. »

« C'est certainement une manière philosophique de voir la chose, n'est-ce pas ? » L'homme de Martien croisa les bras, et carra ses épaules sur le dossier de son siège.

Grâce à l’habilité du cocher, ils avaient déjà dépassé la Tour Blanche des Mages. « Oh ! » s'exclama l'homme qui regardait à travers la fenêtre. Un gigantesque pilier gris apparut à l'horizon. Le sommet du pilier disparaissait dans les nuages, invisible. Dans le passé, c'était un pont qui reliait les cieux à la terre. Mais il y avait longtemps qu'il avait été coupé.

« Frère, voici la Tour d'Insolence. »

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